L’artérite des membres inférieurs dans le diabète

L’artérite des membres inférieurs dans le diabète

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L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), complication grave du diabète, est le principal facteur de risque d’amputation majeure. En effet, le diabète induit une micro-angiopathie, c’est-à-dire une altération des petites artères, mais également des grosses artères ou macro-angiopathie.

Cette atteinte artérielle peut conduire à des complications multiples : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, atteinte rénale avec risque de défaillance des reins pouvant conduire à la dialyse, atteinte ophtalmique avec risque de cécité et enfin l’atteinte des artères des membres inférieurs.

Actuellement, 50 % des patients diabétiques de type 2 présentent, une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI). Les patients diabétiques ont en effet 4 à 6 fois plus souvent une AOMI que les non diabétiques. Alors que 5 % des patients diabétiques présentent une lésion chronique du pied (un pied diabètique).

Un autre enjeu du dépistage et de la prise en charge thérapeutique de l’AOMI vient du fait que l’AOMI asymptomatique représente un marqueur prédictif important et indépendant de morbimortalité cardiovasculaire (décès par infarctus du myocarde, événements coronaires aigus, accidents vasculaires cérébraux). Ainsi, le diagnostic précoce de l’AOMI chez les sujets à risque permet d’identifier des sujets asymptomatiques ayant une autre atteinte cardiovasculaire et de mettre en œuvre les mesures adaptées de prévention de la morbi-mortalité cardiovasculaire.

L’atteinte artérielle

L’artérite des membres inférieurs est aussi appelée artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) est principalement due à une atteinte obstructive des artères des membres inférieurs souvent consécutive à des lésions athéromateuses. Ces lésions athéromateuses sont causées par un dépôt de lipides (cholestérol) sur la paroi interne des artères, on parle alors de dépôts d’athérome.

Ces lésions provoquent une diminution de la lumière des artères (sténose) et favorisent la formation d’une thrombose ou obstruction de l’artère.

Schématiquement l’artérite diabétique se caractérise par une atteinte préférentielle des petites artères, situées entre le genou et les orteils, entraînant un rétrécissement du diamètre de l’artère. On parle dans ce cas d’artérite distale. La conséquence est la diminution de la perfusion des muscles et des tissus cutanés des extrémités en particulier du pied.

L’évolution peut être parfois grave avec risque de gangrène, on estime que le risque d’amputation est présent chez 7 % des patients diabétiques.

Cette atteinte est d’évolution lente mais peut être accélérée par l’accumulation des facteurs de risque : tabagisme, Hypertension artérielle (HTA), hypercholestérolémie, surpoids. L’âge est également un facteur de risque favorisant la survenue de lésions artérielles.

Diagnostic de l’AOMI

Les patients diabétiques ayant une atteinte artérielle périphérique ne présentent que peu ou pas de symptômes. Par exemple, une ischémie sévère distale peut survenir sans être associée à des douleurs, du fait de la présence d’une neuropathie avec atteinte des fibres thermo-algiques.

Le signe d’alarme est la claudication intermittente correspondant à une crampe douloureuse de la jambe qui apparaît pendant la marche et est soulagée par le repos. Elle survient toujours pour le même périmètre de marche. Aussi, elle apparait au décubitus nécessitant de dormir la jambe pendante.

Devant ce signe, le malade doit consulter immédiatement son médecin pour confirmer le diagnostic grâce à des examens complémentaires (échographie Doppler des artères des membres inférieurs, angioscanner, …).

Les facteurs de risque d’AOMI dans le diabète

Biologiquement, l’hyperglycémie est responsable de plusieurs phénomènes physiopathologiques qui concourent à son rôle pathogène. Une étude d’intervention, la United Kingdom Prospective Diabetes Study (UKPDS), a permis, d’une part, de mettre en évidence que l’hyperglycémie était associée indépendamment à l’AOMI et, d’autre part, que chaque augmentation de 1 % de l’HbA1C était associé à une augmentation de 28 % du risque d’artériopathie périphérique.

Dans l’étude UKPDS, l’HTA multiplie le risque d’AOMI de 2,5 chez l’homme et de 5,7 chez la femme. Une augmentation de 10 mmHg était associée à une augmentation du risque d’AOMI de 25 % .

  • Les dyslipidémies

Le profil glycémique le plus souvent retrouvé dans le diabète de type 2 associe une élévation du taux plasmatique des triglycérides et une diminution de celui des HDL. Dans l’UKPDS, il a été montré qu’à chaque diminution de 0,1mmol/L de HDL, il y avait une augmentation de 22 % du risque d’AOMI.

  • Le tabac

En analyse multivariée, dans l’étude UKPDS, le tabagisme actif était associé à un risque relatif de survenue d’une AOMI quasiment triple.

  • L’insuffisance rénale sévère

La prévalence des maladies cardiovasculaires est 10 à 30 fois plus élevée chez ces patients que dans la population générale.

La prévalence de l’AOMI pourrait atteindre près de 48 % chez les patients en insuffisance rénale préterminale.

Rédigée par : DoctiMaroc

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