Le cancer du sein : Facteurs de risque

Le cancer du sein : Facteurs de risque

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Le cancer du sein est une maladie multifactorielle. Cela signifie que plusieurs facteurs influent sur le risque de sa survenue. On parle de facteurs de risque.

On connaît plusieurs facteurs de risque du cancer du sein. Cependant, dans la plupart des cas, il est impossible d’expliquer les raisons de son apparition chez une personne en particulier.

Outre le sexe (plus de 99% des cancers du sein touchent les femmes), les quatre principaux facteurs de risque de cancer du sein sont :

L'âge

Le risque d'avoir un cancer du sein augmente avec l'âge même s'il peut atteindre des femmes à des âges très différents.

Le risque de cancer du sein chez les jeunes femmes est peu élevé. Environ 10% des cas de cancer du sein se manifestent chez les femmes âgées de moins de 35 ans et près de 20% avant 50 ans.

Le cancer du sein se développe le plus souvent autour de 60 ans. Près de 50% des cancers du sein sont diagnostiqués entre 50 et 69 ans et environ 28% sont diagnostiqués après 69 ans.

C'est la raison pour laquelle toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans sont invitées, dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein, à réaliser, tous les deux ans, une mammographie.

Les antécédents personnels de maladie (par exemple cancer du sein, de l'ovaire et/ou de l'endomètre)

  • Antécédents de cancer du sein

En plus du risque de récidive du cancer au niveau du sein traité, une femme qui a eu un cancer du sein a un risque 3 à 4 fois plus élevé de développer un nouveau cancer du sein qu'une femme du même âge. Ce risque justifie un suivi régulier et prolongé.

Le risque de développer un cancer du sein infiltrant est 8 à 10 fois plus important chez les femmes qui ont déjà eu un cancer canalaire in situ (CCIS) ou un cancer lobulaire in situ (CLIS). Par ailleurs, la présence d'un CLIS fait augmenter le risque de cancer dans les deux seins.

  • Affections du sein

Parmi les affections bénignes mammaires, seules celles qui sont associées à la prolifération du tissu mammaire, comme les hyperplasies, font augmenter le risque de cancer du sein.

L’hyperplasie atypique se caractérise par la multiplication rapide de cellules ou par une augmentation du nombre de cellules dans le sein. Certaines de ces cellules semblent anormales, d’où le qualificatif d’« atypiques ». Les femmes atteintes d'une hyperplasie atypique ont 3 à 5 fois plus de risque de développer un cancer du sein. Ces dernières doivent être suivies par leur médecin. Un examen clinique des seins régulier ou une mammographie réalisée chaque année sont recommandés.

Les femmes atteintes d'une affection proliférative bénigne dont les cellules semblent normales (cellules non atypiques) ont un risque de cancer du sein inférieur à celles présentant une hyperplasie atypique mais tout de même plus élevé que le risque de la population générale (1,5 à 2 fois supérieur).

  • Exposition à des radiations médicales

Une irradiation du thorax peut augmenter le risque de cancer du sein. Le niveau de risque est en rapport avec la dose totale reçue et l’âge de la femme.

Les femmes jeunes (avant 30 ans) qui ont eu des radiothérapies répétées du thorax ou un traitement par irradiation (radiothérapie) sur le thorax pour traiter un autre cancer (comme le lymphome hodgkinien par exemple) ont un risque plus élevé de cancer du sein.

Les femmes qui ont eu dans l’enfance une radioscopie des poumons (type de radiographie qui utilisait des doses de rayons importantes) dans le cadre de la recherche d’une primo-infection de la tuberculose (premier contact de l’organisme avec la bactérie) ont un risque plus élevé de cancer du sein.

Les antécédents familiaux de cancers (sein, ovaire, ...) ;

Près de 20 à 30% des cancers du sein se manifestent chez des femmes ayant des antécédents familiaux de cancers dont des cancers du sein, par exemple plusieurs cas de cancer du sein dans la même famille.

Parfois on ne sait pas exactement si cette disposition familiale est due au hasard, à un mode de vie que des membres de la famille ont en commun, à un facteur héréditaire qui a été transmis des parents à leurs enfants par les gènes ou bien à une association de ces éléments.

De manière générale, les études montrent que :

  • Lorsque c’est une parente au premier degré (la mère, la sœur ou la fille) qui a déjà eu un cancer du sein, en particulier si le diagnostic a été posé à un âge jeune (avant 50 ans) avant la ménopause, le risque d'être atteint de ce type de cancer est environ deux fois plus élevé ;
  • Lorsque ce sont des parentes au second degré (comme une grand-mère, une tante ou une nièce, d'un côté ou l'autre de la famille) qui ont déjà été atteintes du cancer du sein, ce risque augmente légèrement.

Ces études précisent par ailleurs que le risque de développer un cancer du sein augmente d’autant plus que :

  • Une parente au premier degré a été atteinte d'un cancer dans les deux seins (cancer du sein bilatéral) avant la ménopause ;
  • Deux membres de la famille ou plus ont été atteintes d'un cancer du côlon ou de l'ovaire ;
  • Une parente a été atteinte d'un cancer du sein et d'un cancer de l'ovaire ou de plusieurs cancers différents ;
  • Un parent de sexe masculin a été atteint du cancer du sein.

Les prédispositions génétiques au cancer du sein.

Lorsque plusieurs personnes d’une même famille sont atteintes du même cancer, il peut s’agir d’un cancer héréditaire dû à une anomalie au niveau d’un gène (anomalie génétique) qui se transmet d’une génération à une autre. Cette anomalie est encore appelée mutation génétique.

Seule une petite partie des cancers du sein, 5 à 10%, sont héréditaires, c’est-à-dire attribuable à une mutation génétique (qu’elle soit identifiée ou non).

D’autres facteurs ont également été identifiés, ce sont :

La consommation de tabac

La consommation de tabac est associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers dont le cancer du sein.

De récentes études ont montré que des femmes exposées au tabagisme passif (dont l’entourage consomme du tabac) ont un risque de cancer du sein inférieur à celles qui sont exposées au tabagisme actif (qui consomme elle-même du tabac) mais tout de même plus élevé que le risque de femmes jamais exposées au tabac.

La consommation d’alcool

La consommation de boissons alcoolisées est associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers dont le cancer du sein. Elle augmenterait les taux d’œstrogène qui joue lui-même un rôle important dans le développement des cellules du cancer du sein.

L’augmentation de risque de cancers du sein est significative dès une consommation moyenne d’un verre par jour. Des études de référence attribuent 17% des cancers du sein à la consommation d’alcool régulière, même modérée.

Le surpoids/l’obésité

Le surpoids (IMC compris entre 25 et 29,9) et l’obésité (IMC de 30 ou plus) augmentent le risque de cancer du sein chez la femme ménopausée.

A l’inverse, l’activité physique est associée à une diminution de risque de cancer du sein après la ménopause.

La prise d’une hormonothérapie substitutive à la ménopause

Le remplacement des hormones sexuelles à la ménopause peut accroître le risque de cancer du sein. Cette hausse se traduit par 2 cas de plus sur 1 000 femmes.

L’utilisation de la pilule contraceptive

Certaines études démontrent que la prise de contraceptifs oraux (la pilule contraceptive) accroît très légèrement le risque de cancer du sein chez les femmes qui les utilisent durant plus de 4 ans. Ce risque n’est cependant plus observable 10 ans après avoir cessé l’usage de la pilule contraceptive. D’autres études sur le sujet n’ont pas établi de lien entre la pilule contraceptive et le cancer du sein.

L’exposition à des produits chimiques cancérigènes

Le fait d’être en contact avec des produits chimiques présents dans l’environnement (les pesticides organochlorés (DDT), les parabènes, etc.) pourrait contribuer à la formation d’un cancer du sein. Le lien de cause à effet est cependant très difficile à établir.

Facteurs psychologiques

Le rôle de l’état psychologique dans l’apparition du cancer est controversé. Certains traits de personnalité ont été associés, lors d’études, à un risque accru de cancer. D’autres études sont cependant venues contredire cette hypothèse.

Rédigée par : DoctiMaroc

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